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Pourquoi les appels à "l'union sacrée" derrière le PSG n'ont (plus) aucun sens

Minichro – La polémique est exaspérante, mais elle dit deux ou trois choses du football français (et de ceux qui le connaissent mal). 

Auteur : Jérôme Latta le 23 Août 2020

 

 

La minichronique pose une question, elle n'y répond pas toujours et, à la fin, elle en pose une autre.

 

* * *

 

Un arrêté interdisant le port du maillot du PSG à Marseille, finalement annulé, des personnalités qui appellent à "l'union sacrée" avec le club parisien: la finale de Ligue des champions a été beaucoup abordée sous le prisme de cette question: doit-on supporter un club français au motif qu'il représente la France?

 

 

 

 

Du côté des amateurs de football les plus fervents, on a eu tôt fait d'y répondre: non, évidemment. Si elle avait été posée autrement ("Peut-on…"), la réponse aurait été plus consensuelle: oui, évidemment. Tout le problème vient d'une injonction perçue comme aberrante, de nos jours.

 

Cela n'a pas toujours été le cas, et on peut en partie expliquer le désaccord par une fracture générationnelle. Longtemps, un football français complexé, en panne de résultats internationaux, s'est rangé derrière ses représentants, auteurs d'épopées sporadiques qui faisaient rêver d'un titre européen.

 

Reims, Saint-Étienne, Bastia ou Bordeaux ont endossé cette fonction de représentation nationale, et ce type de soutien a duré peu ou prou jusqu'au début des années 90, la victoire de l'OM en C1 marquant un double tournant: l'obtention de ce titre et le durcissement des rivalités intranationales.

 

Le "patriotisme sportif", qui vaut encore aujourd'hui pour beaucoup de disciplines (lors des Jeux olympiques, pour ne prendre que cet exemple) ou pour la sélection nationale (malgré une érosion sensible), est en effet ensuite tombé en désuétude dans le football, pour un ensemble de raisons.

 

Le développement du supportérisme en général et du mouvement ultra en particulier en est une, tant il a contribué à cristalliser et radicaliser les rivalités, à placer l'amour du club au-dessus de toute autre considération – parfois en dégénérant sous la forme du "clubisme".

 

La mondialisation du football et le développement d'une "culture savante" ont aussi favorisé une délocalisation des préférences et des identifications, de moins en moins nationales.

 

Enfin, il est difficile d'éluder le cas particulier du Paris Saint-Germain, représentant d'un football financiarisé et mondialisé, membre de l'oligarchie européenne, propriété d'un État peu exemplaire qui vise ses propres victoires géopolitiques à travers lui.

 

Il reste cependant des raisons légitimes de soutenir les clubs français sur la scène continentale. La plus prosaïque de toutes est le souci d'un coefficient UEFA qui détermine le nombre de participants européens et signifie le "rang" de notre football.

 

Sur un plan plus symbolique, notre complexe européen perdure aujourd'hui, et une seconde consécration en Ligue des champions serait de nature à l'alléger, le "Final 8" ayant déjà pris des allures de revanche pour notre Farmers League.

 

Chacun a bien le droit de se déterminer comme il l'entend, sans subir de réprobation. Ceux qui veulent décréter une "union sacrée" que ne demandent même pas les supporters parisiens trahissent au mieux leur anachronisme, au pire leur méconnaissance du football actuel.

 

Ce n'est pas qu'ils se trompent de combat: ce n'est même plus un combat. Comment en sont-ils encore à adopter de telles positions, voilà la question qui se pose en réalité.

 

Réactions

  • le Bleu le 23/08/2020 à 15h30
    Rationnellement, des victoires de clubs français en Coupe d'Europe, quels qu'ils soient, sont bénéfiques à l'ensemble de notre football, le prestige des clubs couronnés rejaillissant sur l'ensemble du championnat et sur son attractivité vis-à-vis des joueurs et des médias aussi bien français qu'étrangers.

    Combien notre football serait mieux considéré, par tout le monde, si au lieu de gagner 2 finales sur 14 nous en avions 6 par exemple (ce qui devrait être un minimum) : une C1 et une C3 pour Marseille, une C1 pour Monaco, une C2 pour le PSG, une C3 pour Bordeaux et une pour Bastia (ou Lens)...

    C'est un peu comme l'histoire du génie avec le paysan qui fait le voeu d'avoir une vache et son voisin jaloux qui fait le voeu que la vache meure.

  • Hugo by Hugo Broos le 23/08/2020 à 15h31
    Plus agaçant, me semble particulièrement bafoué le droit d'être diamétralement indifférent à cet événement pathétique car coupé de sa raison d'être (en l'occurrence le spectacle populaire, en l'absence de spectateurs).

  • Lyon n'aime Messi le 23/08/2020 à 16h26
    le Bleu
    aujourd'hui à 15h30

    "Rationnellement, des victoires de clubs français en Coupe d'Europe, quels qu'ils soient, sont bénéfiques à l'ensemble de notre football, le prestige des clubs couronnés rejaillissant sur l'ensemble du championnat et sur son attractivité vis-à-vis des joueurs et des médias aussi bien français qu'étrangers."

    -------

    Encore un adepte de la théorie du ruissellement... je ne vois en quoi une victoire du PSG va rendre Lorient, Rennes ou Brest plus attractif pour des joueurs étrangers.



    "Combien notre football serait mieux considéré, par tout le monde, si au lieu de gagner 2 finales sur 14 nous en avions 6 par exemple (ce qui devrait être un minimum) : une C1 et une C3 pour Marseille, une C1 pour Monaco, une C2 pour le PSG, une C3 pour Bordeaux et une pour Bastia (ou Lens)..."

    --------

    C'est qui ce fameux tout le monde, un consultant du canal football club? Les Pays-bas ont gagné une dizaine de coupe d’Europe, je ne suis pas sûr que le football hollandais soient mieux considéré que le football français.

  • Sens de la dérision le 24/08/2020 à 08h31
    Je trouve que ce qui est difficile, c'est de soutenir ce PSG-là (bon en vrai perso j'ai jamais trop kiffé le PSG globalement donc ça va sans doute ternir ce que je vais dire après). L'article évoque vite fait les JO, l'équipe nationale. Or le PSG, niveau joueurs français, c'est Mbappé et Kimpembe, soit autant que le Real (Benzema, Varane, entraîné par Zidane) et largement moins que le Bayern avec quelques joueurs marquants de l'EDF (Hernandez, Pavard).
    Des joueurs pas français, un président pas français, un entraîneur pas français, c'est un peu difficile de sentir un lien avec ce PSG (sans compter évidemment l'éloignement global du foot avec le supporter de bas).

  • 2Bal 2Nainggolan le 24/08/2020 à 13h27
    Je suis peut-être"bas du front" comme le souligne Naulleau (à qui on a rien demandé,mais qui doit s'y connaître pas mal en bassesse de front au passage) mais je ne comprends pas ce sentiment national de devoir encourager un club que tu n'as jamais encouragé, juste parce qu'il joue dans la même ligue que ton club...et l'article le souligne également, qu'est-ce qu'ils en ont à péter les supporters parisiens, que moi supporter lyonnais je sois derrière leur équipe ?

    Et c'est pareil avec le souhait de Maracineanu, elle fait son boulot, mais les gens sont encore un peu libres de faire ce qu'ils veulent, quand même, non ?

  • Milan de solitude le 24/08/2020 à 13h40
    Oui, le patriotisme inconditionnel peut aussi être attribué à des bas du front. On est tous le bas du front de quelqu'un.
    Quant au fait de s'exprimer sans qu'on vous ait rien demandé, je pense que c'est le principe de Twitter.

  • fabraf le 24/08/2020 à 21h26
    Moi ce qui me surprend c'est "cette polémique" : le PSG et ses supporters n'ont rien demandé ! Ils s'en moquent de cette prétendue union sacrée.

    De la même façon, en tant que supporter de l'OM, je me fous éperdument de savoir si les autres supporters nous soutiennent ou non. Le plus beau texte sur le sujet a été signé lemon hier sur le fil PEM. Allez-y jeter un oeil pour ceux qui l'ont raté.

  • Kéruzorro le 25/08/2020 à 10h00
    Quand le malheur des uns provoque une joie mauvaise...
    lien

  • José-Mickaël le 25/08/2020 à 21h04
    fabraf
    24/08/2020 à 21h26
    > Le plus beau texte sur le sujet a été signé lemon hier sur le fil PEM. Allez-y jeter un oeil pour ceux qui l'ont raté.

    Je ne l'ai pas trouvé, pourtant j'ai parcouru les 25 dernière pages. Ou alors c'est dans une autre rubrique ?

  • Balthazar le 25/08/2020 à 22h54
    Il y a eu un match, José-Mickaël, ça fait beaucoup de pages... Va donc voir en haut de la p.7848 !

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